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 GATINEAU :

Nota Bene
 POUR !

Ce site est maintenant voué aux archives virtuelles, puisque le comité de transition annonçait sa décision, le 22 juin 2001, de retenir le nom 'Gatineau' pour désigner la nouvelle métropole outaouaise...

Reconnaissons néanmoins que le gouvernement québécois aurait pu accéder à la demande des 10,000 résidants signataires d'une pétition exigeant de leur laisser choisir eux-mêmes le nom de leur propre ville.  Il n'y aurait eu rien de plus facile que d'offrir à l'électorat l'occasion de choisir entre 'Gatineau' ou 'Hull'  lors de l'élection du premier conseil municipal (le 4 novembre 2001) de la nouvelle métropole.  C'est ce qui été fait en 1975 au moment des premières élections de l'ex-ville de Gatineau, à laquelle la fusion de sept villes donnait naissance cette année-là.  Bravo à Viateur Bergeron et à tous ses collaboratrices et collaborateurs pour ce vaillant effort et pour le courage de s'être confrontés à la sourde oreille gouvernementale !
B.M., 1er novembre 2001

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  En bref
 Un délicat embarras
 À 'Beauceville'
 Un deuxième scrutin
 Pourquoi 'Gatineau'
 Pourquoi pas 'Hull'
 Affaire de goût
 Un CHOIX qui rassemble
 Démographie et représentation
 Citations

INDEX

MOT D'INTRO

ACTIONS

VOS COMMENTAIRES

LIENS
OUTAOUAIS

 

Une seule question :


Si c'était Hull qui avait une population de 105,000 et Gatineau qui en avait une de 65,000, pensez-vous qu'on serait parti à la recherche d'un nom autre que 'Hull' pour désigner la nouvelle métropole outaouaise ? 

Si la réponse à cette question est négative, alors il faut demander pourquoi il faudrait chercher pour un nom autre que 'Gatineau' quand c'est Gatineau qui est la plus nombreuse.

Ce site accorde son appui à la coalition


Logo de la coalition

La coalition milite contre la transformation d'un parc écologique en terrain de golf au coeur de la nouvelle ville de Gatineau.

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 Un délicat embarras

Je ne saurais dire les raisons pour lesquelles la question du nom de la future métropole de l'Outaouais est une question ouverte.  Dans toute autre fusion, la question est close d'avance : pour minimiser les adaptations, on garde le nom de la plus grande ville.  Pourquoi mettre les résidants de Gatineau, ici, dans le délicat embarras d'avoir à défendre le nom de leur ville ?  Qui a décidé de cette indécision, de cette incertitude ?

65,000 citoyens à Hull, pour ne parler que de eux, auront à se faire à l'idée d'un nouveau nom.  Faut-il s'attendre à ce qu'ils exigeront que ce nom soit nouveau aussi pour leurs 105,000 voisins avec lesquels ils le partageront ?  Est-ce que ce ne serait pas présumer peu de leur générosité et de leurs capacités en général ?


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 À 'Beauceville'

Je suis d'accord avec les propos du Maire Labine.  Il ne peut pas plus y avoir de ville qui s'appellerait 'Outaouais' qu'il pourrait y en avoir une qui s'appellerait 'Beauce'. 

Le jeu des prépositions limite ce que nous pouvons faire en français.  On va À une localité et EN région.

L'usage a consacré le fait que 'Outaouais', tout commme 'Beauce', désigne une région.  Nous allons EN Beauce et non pas À Beauce.  On visite LA Beauce comme on passe par L'Outaouais.  Si vous cherchez la ville de Beauce, cherchez BEAUCEVILLE.  De même, on va À Gaspé et EN Gaspésie.  Je ne prétends pas connaître les règles de linguistiques qui commandent ces nécessités, mais je crois que nous pouvons à peu près tous, comme le Maire Labine, en reconnaître le fait.  'Outaouais' ne peut plus être le nom d'une ville.

J'espère seulement que ce choix n'a pas été mis de l'avant, dans des sondages par exemple, dans le seul but de diviser le choix des résidants de Gatineau sur cette question.  Les résidants de Gatineau semblent, d'une part, être plus ouverts à l'adoption d'un nouveau nom mais ils sont, d'autre part, les résidants de la ville dont le nom s'offre le plus naturellement à la future métropole.


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 Un deuxième scrutin

Un sondage récent du quotidien Le Droit nous portait à croire que les résidants de Gatineau ne seraient pas aussi attachés au nom de leur ville que ne le seraient les résidants de Hull.  Le but de ce sondage douteux serait-il de diviser l'avis des résidants de Gatineau au sujet du nom de la nouvelle métropole ?

S'il faut introduire un choix -- ce que, encore, il faudrait expliquer -- il me paraît essentiel que cette question soit décidée par consultation populaire et qu'elle le soit d'une manière telle que les effets pervers d'une division des préférences au niveau d'un premier choix n'aient pas de conséquences réelles sur le choix final.  Il s'agirait, par exemple, de demander aux intéressés ce que serait leur deuxième choix.

Je doute qu'il n'y ait qu'un résidant de Gatineau sur deux qui préfère le nom de sa ville à un autre.  Les résidants de Gatineau sont aussi humains que leurs voisins et il est normal qu'ils préfèrent garder le nom de leur ville.  Mais si ce n'était pas le cas, il se peut que la grande majorité d'entre eux préfèrent soit 'Gatineau', soit  'Autrechose', bien avant 'Hull' par exemple.


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 Pourquoi 'Gatineau'

Voici les raisons pour lesquelles je préfère le nom de 'Gatineau'.

C'est un beau mot.  Ce qui n'est pas peu dire.  Dans mon cas, c'est tout dire.  Cela me suffit.

On peut toutefois rajouter encore certains points, déjà soulignés par d'autres.  'Gatineau' est le nom de la rivière qui réunit les deux agglomérations majeures de la fusion.  La future ville est chapeautée par le parc et par la chaîne de montagnes du même nom (pensez à Rigaud, St-Hilaire, St-Bruno...).  Pas trop compliqué pour les anglophones, le nom a évidemment le mérite d'être francophone et de ne pas renvoyer à une quelconque ville en Angleterre à laquelle peu sauraient s'identifier.  Enfin, il est possible de dire 'à Gatineau' alors que la langue parlée nous interdit de dire 'à Outaouais'.

Bref, ce nom est beau et n'a pas les désavantages qu'a le nom 'Hull', il est le nom actuel de la ville dont les résidants sont les plus nombreux et il est déjà inscrit dans la mémoire collective, depuis peu -- c'est vrai -- en tant que mégaville, mais depuis plus d'un siècle pour désigner une ville et depuis toujours pour désigner la rivière qui s'épuise là dans la rivière Outaouais.  Ce qu'il faut donc expliquer, c'est pourquoi 'Gatineau' ne serait pas le nom de la nouvelle ville.

Le nom de la plus petite ville est chargé de problèmes ; celui de la plus grande ne l'est pas.  Tant qu'à garder un nom qui existe déjà, pourquoi chercher à garder le nom de la plus petite ? La logique oblige le contraire.


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 Pourquoi pas 'Hull'

La principale raison est que ce n'est pas la ville la plus nombreuse.  Mais qu'on ne considère que le nom en lui-même et on y trouvera des objections.  Le problème avec 'Hull' en tant que nom est surtout lié à sa valeur, disons, « anti-esthétique ».

'Hull' est un mot anglais qui signifie 'coque', comme dans 'la coque du bateau'.  Du point de vue de l'élégance, ce nom a à peu près la même valeur que 'wall', 'room' ou 'floor'.

Il a y des noms britanniques qui ne sont pas dépourvus de charme.  'Sherbrooke', par exemple, ou encore le pont 'Lady Aberdeen', pont qui relie les présentes villes de Hull et Gatineau.  Quel beau nom !

De plus, 'Hull' est le nom d'une ville en Angleterre.  Malgré tout ce qu'il peut y avoir de naturel et de compréhensible dans le choix d'un nom qui corresponde à une ville natale qui se trouve dans un ailleurs où on ne peut plus retourner, il faut admettre qu'il y a là aussi à la fois nostalgie, manque d'originalité et même, une sorte d'insuffisance du fait d'être seulement une 'copie de'.

Cela peut aller pour 'London, Ontario', château fort des Loyalistes.  Cela va moins bien, mais passe toujours, pour 'Paris, Texas' ; le contraste évident, jumelé au prestige du titre, suffit pour stimuler l'attention et insuffler au nom un intérêt certain.  Cela ne va plus pour 'Hull, Québec', où presque personne ne saurait se reconnaître dans ce nom et où la ville-copie serait déjà aussi grande que la ville-originale, Hull, Angleterre, ville d'une population de 250,000 que personne de Hull, Québec, d'ailleurs, ne saurait situer sur la carte.

Mais laissons de côté la diversité des arguments que nous pourrions faire valoir autant pour que contre le nom de 'Hull' et ne retenons qu'une seule idée : même si en temps normal, en raison de la notoriété du nom 'Hull', ce pourrait être ce nom qui serait retenu, nous devrions profiter du fait que la ville de Gatineau soit plus nombreuse comme excuse suffisante pour nous débarrasser d'un nom hypothéqué négativement à jamais sur le plan esthétique.


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 Affaire de goût

De 'Gatineau' ou 'Hull', direz-vous, on ne peut dire lequel est le plus beau, parce que les goûts ne se discutent pas.  Mais comme les questions de goût sont des questions qui dépendent entièrement de notre jugement, nous aurions tort de nous abstenir de juger la cause.

Les noms anglophones n'ont pas l'habitude d'être anti-esthétique, mais il sont le plus souvent assez fades.  C'est parce que la source d'inspiration principale en toponymie anglophone semble être le landscape.  Des jolis noms tels que 'Oakridge' (crête de chênes) et 'Meadowlands' (espace de prés), perdent quelque peu de leur air enchanteur lorsqu'ils se trouvent parmi cent 'Maple lane', 'Fairfield', et 'Glenview' (vue sur vallon).

Côté francophone, on ne peut guère se réjouir plus, noyés que nous sommes entre des saint-celle-ci et des saint-celui-là, et quelques noms anglais.  On peut regretter nos quelques noms anglais et essayer de les remplacer par des noms français, comme... 'Val-des-Monts', qu'on choisit pour remplacer 'Perkins' (les esprits fins devineront ici l'ironie de ce choix !).

Cependant, lorsqu'il est question d'esthétique, la question n'est plus de savoir si le mot est français ou non, ou s'il représente un diable ou un saint.  La question est strictement musicale.  Sur ce plan, il faut rendre bien des médailles aux noms autochtones : Québec, Kanata, Pontiac, Ottawa, Ontario, Canada, Maniwaki, Chicoutimi.

Sur le plan esthétique, jugez donc : 'Gatineau' ou 'Hull' ?

L'esthétique, dans ce cas-ci, joue un plus grand rôle du fait que ni l'un ni l'autre de ces noms n'ont de valeur historique particulière en ce qu'ils ne rappellent pas un événement ou une personnalité particulièrement importante pour la région ou pour le Québec.

Jugez donc.


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 Un CHOIX qui rassemble

À l'idée d'un NOM qui rassemble, qu'on me permette d'opposer l'idée d'un CHOIX qui rassemble :

  • attendu que cette ville est la plus nombreuse
  • attendu que le nom de cette ville n'offre aucune difficulté au niveau de la toponymie, comme ce serait le cas de 'Outaouais' ;
  • attendu que, selon ces conditions et selon les précédents dans le cas d'autres fusions, le choix de 'Gatineau' s'impose naturellement ;

il est suggéré de créer un effet rassembleur en invitant les résidants de toutes les municipalités actuelles -- et ce, malgré leur attachement compréhensible et, d'ailleurs, désirable, au nom des villes qui sont les leurs aujourd'hui -- à reconnaître ces faits et à accueillir ce nouveau nom en grand nombre, créant par là nécessairement toutes les conséquences positives qu'on peut attendre d'un tel mouvement d'accueil.

Les instances qui peuvent se trouver responsables des dynamiques en jeux, journalistiques, politiques, communautaires, sont donc invitées à se poser cette question : n'y aurait-il pas ici une occasion d'innover en inspirant un dépassement au lieu de nourrir une dynamique immature voulant qu'il faille choisir un nouveau nom, tout jeune, tout rose, mais sans poils, de peur de faire des jaloux ?  L'humain est multiple ; pourquoi jouer sur ses plus pauvres registres.

 'tite fleur

 

 'tite fleur

Brian Monast
Hull
21 mars 2001

 décoration

 
CRÉDITS :

PHOTO : S. Marier